LA CRISE D’UN SECTEUR D’ACTIVITE
Les métiers de l’humain (travail social, soin, éducatif, …) sont en crise : une crise grave et existentielle !!!
Les conditions de
travail se dégradent,
les moyens manquent et le système fonctionne en sous régime (crise de
recrutement) et sur tension permanente (risque de burn out) dans un cercle vicieux mortifère.
C’est une forme d’effondrement qui a des conséquences graves en terme de santé mentale et
de souffrance au travail : cette perte de sens pousse les personnes à fuir, changer de voies ou
se désinvestir psychologiquement. Cette dynamique n’est pas négligeable et participe
grandement à ce que traverse la génération Z et son soit disant manque d’investissement dans
les emplois proposés.
Malgré le désengagement des pouvoirs publics, de nombreuses personnes engagées dans le
social, le lien, le soin, l’éducatif, le bien-être, la santé mentale ou la transition écologique
continuent de porter du sens et une utilité réelle à travers des projets, sans pour autant être
reconnues comme telles. Ils sont noyés dans la masse et cherchent leur juste place en alternant
dans les dispositifs existants de l’emploi subordonné, de la précarité, de l’entreprenariat, des
associations (bénévolat et militantisme) ou de l’assistanat social. Leur dimension de porteur
de projet de sens est niée, jamais considérée. Ils bricolent un parcours pour maintenir le cap de
leur « mission de vie ».
Cette non-reconnaissance fragilise leurs trajectoires et génère une sourde souffrance. Elle
s’accompagne souvent d’une difficulté à trouver un équilibre satisfaisant entre sens,
temps, énergie et argent pour réaliser leur mission, ce qui rend chaotique la poursuite de
leur engagement dans la durée.
À cela s’ajoutent fréquemment un besoin de soutien financier adapté, un manque de réseau
aligné et une faible visibilité, qui isolent les personnes et dispersent les initiatives.
L’ensemble de ces « handicaps » fait du parcours d’un &ssensiel un véritable parcours du
combattant où la personne peut sortir en colère, épuisée, écoeurée, invalidée et marginalisée
(rendue précaire alors qu’elle est potentiellement marginale séquante et porteuse de solutions).
Ces difficultés ne relèvent pas d’un manque de valeurs ou de compétences, mais de l’absence
d’un cadre économique et social adapté qui reconnaît, soutient et organise ce type
d’engagement humain. Il s’agit là d’un vrai problème sociétal : un immense gâchis humain
qui empêche ou réduit les chances de réussite de ceux qui ont les solutions et empêche la
transition écologique et solidaire de parvenir à son plein potentiel par une saine bio diversité
de micro solutions émergentes face aux expériences traumatisantes du système économique et
financier dominant.
Une crise de société globale :
Nos sociétés contemporaines complexes traversent une « crise de sens » majeure.
Les enjeux de l’anthropocène et du dérèglement climatique appellent la question « Où atterrir ? » (Bruno Latour) mais l’absence de réponses globales nouvelles conduit à un repli illusoire vers les extrêmes des idéologies qui ont conduit à la situation actuelle (néolibéralisme, austérité budgétaire, néocommunisme pour une planification étatique et national populisme…).
Les symptômes de cette crise ont des répercussions économiques, écologiques, sociales, politiques, spirituelles et humaines majeures et chacun traverse ces bouleversements seul, sans réponse collective. Peu en meurent mais nous sommes tous touchés dans notre quotidien, notre travail et le brouhaha mental des médias et réseaux sociaux.
Le monde traverse une période de tensions, de confusions et d’éco anxiétés diffuses.
Ces défis du XXIème siècle génèrent une anxiété sociétale qui se manifeste par des troubles psychologiques importants pour tous (burn out, dégradation des conditions de travail, surcharge, perte de sens et de motivation, peur de l’avenir, repli sur la sphère privée …).
Le vécu des acteurs sociaux
En tant qu’acteur social, nous sommes percutés de plein fouet par cette crise du collectif.
Dans le contexte actuel, comment ne pas sentir dépassé par l’ampleur de la crise et maintenir le cap de notre contribution et de nos missions ? Les besoins s’aggravent et plus que jamais le travail social, éducatif et de soin est d’actualité. Pourtant les métiers de l’humain sont au bord de l’effondrement ! Car c’est le sens même de ces métiers qui est attaqué (« coût » de la « dette social », « assistanat », accusation d’appel d’air migratoire…). Cette non reconnaissance voir accusation génère une crise d’attractivité et des problèmes de recrutement qui engendrent des surcharges de travail et un travail en tension permanente qui pèse sur les conditions de réalisation des missions. Dès lors, au delà de la question des conditions de travail, une question se pose : « accompagner, oui, mais vers quoi ? ». Tandis que nos sociétés se ferment aux étrangers et excluent et culpabilisent les pauvres en diminuant les moyens dans le cadre de politiques austéritaires, que pouvons nous apporter, quelles solutions concrètes construire pour sortir nos publics et nous même de cette galère et ce chaos ? En un mot, quel est le sens de notre travail ?
C’est un cercle vicieux qui appelle des réponses fortes et collectives !!! Ces réponses existent déjà ou sont en émergence mais elles restent souvent invisibles, dispersées et isolées.